April 2026

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In the first five months of 2025, three large military convoys—including Russian-made trucks, tanks, armored cars, and boats—reached Mali’s capital city, Bamako. These deliveries came amidst a difficult period for Russian forces in Mali. The Wagner Group, whose paramilitary fighters have been present in the country since the end of 2021, had not only failed to achieve any significant battlefield successes in central and northern Mali; they had also failed to gain access to the country’s lucrative gold mining sector. For most of their deployment, they appear to have been paid directly by Moscow, as revealed in The Sentry’s “Mercenary Meltdown” investigation, while committing atrocities against Malian civilians. The Wagner Group announced its withdrawal from Mali in June 2025, largely handing over operations to the Kremlin-controlled Africa Corps.

These new weapons deliveries suggest that the Russian government is doubling down on Mali, despite the concurrent withdrawal—and multiple failures—of the Wagner Group. Though the Malian Armed Forces (FAMA) claimed the equipment was sent to support the national military, most of it was intended to be used by nascent Africa Corps bases and fighters, sources in Bamako confirmed to The Sentry. The composition of the convoy suggests that Moscow is adopting a more risk-averse stance and prioritizing the protection of Africa Corps troops, as opposed to Wagner’s historically aggressive and forward-leaning approach. Beyond Mali, Russia is also increasing diplomatic engagement, providing direct military support to Sahelian leaders, and creating a strategic hub that would allow it to move with ease and project power across West Africa. The Guinea Conakry port terminal, which is operated by Russian-Guinean companies Alumina Company of Guinea (ACG-Fria) and Compagnie des Bauxites de Kindia (Kindia Bauxite Company or CBK), facilitated the aforementioned military deliveries—the port has become Russia’s gateway to the Sahel. Guinea, as well as Mali, is an integral part of Russia’s broader ambitions for influence across West Africa. With Africa Corps troops also deployed to Niger, Sudan, and Libya, the breadth of Russia’s military engagement around the region warrants scrutiny.

When the Africa Corps first deployed in Mali at the end of 2024, it appeared that the group would be an iteration, or a rebranding, of the Wagner Group in this context. This is to some extent true. The Africa Corps has roughly the same number of troops as Wagner, and many of them are former Wagner fighters. Some core leadership remains the same. However, the hierarchical structure of the Africa Corps and its direct ties to the Russian state apparatus, as well as the Africa Corps’ response to the most recent militant-imposed fuel blockade, reveal fundamental differences in how the force operates compared to Wagner. In other words, the change is not just cosmetic. Instead of using military inroads to gain mining concessions, as Wagner tried to do in Mali and successfully did in the Central African Republic (CAR), the Africa Corps is now first using Russian and Guinean businesses for its military purposes. Two subsidiaries of the Russian company United Company Rusal (UC Rusal) are supporting Moscow’s war effort, signaling that Russian businesses are facilitators of Africa Corps operations in West Africa.

As Russia doubles down on—and potentially expands—its military presence in the Sahel, Malian civilians continue to pay the price. Recent reports confirm increasing incidents of Africa Corps-perpetrated rape, torture, beheadings, mutilation, and summary executions, especially across northern Mali and the border with Mauritania. In response, sanctioning authorities in the United States (US), the European Union (EU), the United Kingdom (UK), Canada, and Australia should sanction those companies that support the Russian war effort in the Sahel and monitor countries and other companies that could be facilitating Russia’s advances in the region.


Au cours des cinq premiers mois de 2025, trois importants convois militaires — comprenant des camions, des chars, des blindés et des embarcations de fabrication russe — sont parvenus jusqu’à Bamako, capitale du Mali. Ces livraisons sont intervenues dans une période difficile pour les forces russes au Mali. Le groupe Wagner, dont les combattants paramilitaires sont présents dans le pays depuis fin 2021, n’avait pas seulement échoué à remporter de succès militaires significatifs dans le centre et le nord du Mali ; il n’était pas non plus parvenu à pénétrer le lucratif secteur aurifère du pays. Pendant la majeure partie de leur déploiement, ces combattants semblent avoir été directement rémunérés par Moscou, comme l’a révélé l’enquête « Débâcle mercenaire » de The Sentry, tout en commettant des atrocités contre les civils maliens. Le groupe Wagner a annoncé son retrait du Mali en juin 2025, transférant pour l’essentiel ses opérations à l’Africa Corps, sous contrôle du Kremlin.

Ces nouvelles livraisons d’armes laissent entendre que le gouvernement russe double la mise au Mali, malgré le retrait concomitant — et les multiples échecs — du groupe Wagner. Bien que les Forces armées maliennes (FAMa) aient affirmé que ce matériel était destiné à appuyer l’armée nationale, l’essentiel devait en réalité servir aux bases et aux combattants naissants de l’Africa Corps, comme l’ont confirmé à The Sentry des sources à Bamako. La composition du convoi donne à penser que Moscou adopte une posture plus prudente et privilégie la protection des troupes de l’Africa Corps, à rebours de l’approche historiquement agressive et offensive de Wagner. Au-delà du Mali, la Russie intensifie également son engagement diplomatique, apporte un soutien militaire direct aux dirigeants sahéliens et met en place un pôle stratégique qui lui permettrait de se déployer aisément et de projeter sa puissance à travers l’Afrique de l’Ouest. Le terminal portuaire de Conakry, en Guinée, exploité par les sociétés russo-guinéennes Alumina Company of Guinea (ACG-Fria) et Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK), a facilité les livraisons militaires évoquées plus haut — ce port est devenu la porte d’entrée de la Russie vers le Sahel. La Guinée, au même titre que le Mali, occupe une place centrale dans les ambitions plus larges de la Russie en matière d’influence en Afrique de l’Ouest. Avec des troupes de l’Africa Corps également déployées au Niger, au Soudan et en Libye, l’ampleur de l’engagement militaire russe dans la région appelle un examen attentif.

Lors du premier déploiement de l’Africa Corps au Mali, fin 2024, le groupe semblait n’être qu’une déclinaison, ou un changement d’enseigne, du groupe Wagner dans ce contexte. Cela est vrai dans une certaine mesure. L’Africa Corps compte à peu près le même nombre de troupes que Wagner, et nombre d’entre elles sont d’anciens combattants de Wagner. Une partie de l’encadrement principal reste également inchangée. Toutefois, la structure hiérarchique de l’Africa Corps et ses liens directs avec l’appareil d’État russe, de même que la réponse de l’Africa Corps au plus récent blocage de carburant imposé par les groupes armés, révèlent des différences fondamentales dans le mode opératoire de cette force par rapport à Wagner. Autrement dit, le changement n’est pas seulement de façade. Au lieu de se servir de percées militaires pour obtenir des concessions minières, comme Wagner avait tenté de le faire au Mali et y était parvenu en République centrafricaine (RCA), l’Africa Corps mobilise désormais en amont des entreprises russes et guinéennes au service de ses objectifs militaires. Deux filiales du groupe russe United Company Rusal (UC Rusal) soutiennent l’effort de guerre de Moscou, ce qui montre que les entreprises russes sont les facilitatrices des opérations de l’Africa Corps en Afrique de l’Ouest.

Tandis que la Russie double la mise — et étend potentiellement — sa présence militaire au Sahel, ce sont les civils maliens qui continuent d’en payer le prix. Des rapports récents font état d’une multiplication des cas de viols, de tortures, de décapitations, de mutilations et d’exécutions sommaires perpétrés par l’Africa Corps, en particulier dans le nord du Mali et le long de la frontière mauritanienne. Face à cette situation, les autorités de sanction des États-Unis, de l’Union européenne (UE), du Royaume-Uni, du Canada et de l’Australie devraient sanctionner les entreprises qui soutiennent l’effort de guerre russe au Sahel et surveiller les pays ainsi que les autres sociétés susceptibles de favoriser les avancées russes dans la région.